mercredi 1 avril 2015

Jobijoba ou le big data au service de l’emploi

L’agrégateur d’offres d’emploi a mis au point un algorithme permettant d’extraire automatiquement les compétences d’un candidat et de le guider vers un emploi auquel il n’aurait pas spontanément postulé.


On connaît le paradoxe. Alors que la France connaît trois millions et demi de demandeurs d’emploi, plus de 460 000 offres d’emploi seraient non pourvues. La faute à qui ? A quoi ? A ces recruteurs qui recherchent le mouton à 5 pattes ou embauchent toujours les mêmes clones. Aux candidats trop frileux pour postuler en dehors de leur métier d’origine ?

Le big data pourrait briser ce cercle vicieux en réalisant enfin le « matching » tant espéré entre compétences explicites ou implicites des candidats et besoins plus ou moins bien exprimés par les employeurs. C’est le pari de Jobijoba, agrégateur d’offres d’emploi de près 400 jobs boards. Le site lance son Conseiller emploi virtuel en s’appuyant sur les données accumulées depuis quelque 8 ans d’existence.

Ce conseiller va analyser le CV uploadé par le postulant mais aussi ses profils sociaux (Facebook, Twitter, Google+), son éventuelle lettre de motivation, sa navigation sur le site. A partir des lieux où il a étudié et exercé ses métiers, des expériences qu’il a engrangées, l’algorithme va en déduire des compétences, des affinités et les confronter aux réalités au marché du travail.

L’objectif du Conseiller emploi virtuel étant d’ouvrir l’horizon de recherche en suggérant aux candidats des emplois et des secteurs auxquels ils n’auraient pas forcément pensé mais pour lesquels ils ont les compétences requises.

Une secrétaire qui maîtrise des notions de compatibilité et Excel pourrait candidater à des postes de secrétaire comptable, d’assistante de direction, de gestionnaire de paye. Vous êtes journaliste web ? Pourquoi ne pas répondre à cette offre de community manager qui exige des compétences « rédaction » et « relation presse » que vous maîtrisez.

Sur cette base statistique, le candidat va voir le salaire ou le type de contrat proposé mais aussi les régions les plus demandeuses de ce profil ainsi qu’un nuage de compétences demandées. En violet, apparaissent celles qu’il a déjà. A lui de décider si les compétences manquantes sont rédhibitoires ou non pour postuler.

L’étape suivante de Jobijoba étant de suggérer la ou les formations qui combleront le gap. Il peut déjà dégager des méta-compétences propres à une typologie d’offres. Par exemple, un grand nombre de sociétés dans le luxe réclament des commerciaux parlant à la fois le russe et l’arabe. Une paire de langues qui ne saute pas aux yeux première vue et que met en lumière le big data.